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La grève étudiante: que nous apprend-elle ?

Par Marc Debanné, hiver 2005

Chers amies et amis des GBUC,

Au moment où j’écris ces lignes, la vie universitaire et collégiale québécoise continue d’être fortement pertubée par la grève étudiante. Beaucoup d’étudiants de la province et de l’extérieur sont inquiets des conséquences de cette interruption de leur cursus académique. J’espère que lorsque vous lirez ces lignes, une solution constructive aura déjà été trouvée et le semestre sauvé, mais cela n’est pas garanti.


Les activités et projets des divers GBU et GBC ont eux aussi été affectées par la grève, avec une ampleur différente selon les écoles. Par delà les coûts immédiats pour nos personnes et nos groupes, cette crise nous pousse à considérer aussi ce que dit la Bible sur les enjeux de société qui soustendent cette crise. J’aimerais offrir ici quelques réflexions très personnelles sur le sujet.

(1) Dans la mesure où elles reflètent le souci de justice et d’égalité des chances dans notre société, les revendications des étudiants en grève méritent notre appui. Les Écritures nous répètent inlassablement que Dieu garde un oeil bienveillant sur les pauvres, et qu’il juge les sociétés à la lumière de ce critère (les références abondent... déjà dans la Torah, Deut 15:1-11 nous dévoile la pensée de Dieu sur la justice sociale). Beaucoup de pays tiennent au principe de l’accès abordable aux études pour tous étudiants, quels que soient leurs moyens financiers. Or le programme de bourses a comme utilité spécifique d’aider les étudiants les plus pauvres. Que le Québec se distingue en continuant à être un leader dans ce domaine au Canada (avec un programme de bourse généreux et des frais de scolarités bas) me paraît un but très défendable, et cela mérite un combat.

(2) En même temps, pour que le gouvernment puisse vraiment aider les plus pauvres, il faut que les plus riches prennent leurs responsabilités. Je parle ici de la majorité des gens (après tout, le Québec est une société riche !). Quand j’entends parler de parents investir dans des vacances exotiques, des chalets et autres dépenses immédiates, sans mettre de côté des sous pour les études de leurs enfants; quand j’entends parler d’étudiants en moyens qui décrochent une bourse d’étude pour ensuite l’investir pour un profit personnel ... je peux comprendre que le gouvernement veuille serrer la visse ! Il faut que les individus commencent à prendre des initiatives personnelles pour faciliter l’avenir des jeunes qui leur sont proches et ne plus mettre tout le fardeau sur le gouvernement, c’est-à-dire sur le reste de la communauté. Les chrétiens doivent donner l’exemple dans ce domaine. 1 Tim 5:3-16 est un bon passage à méditer à cet égard. Il s’agit non pas d’étudiants mais de personnes âgées, et de plus dans une société sans programmes sociaux universels. Malgré les différences de contexte, il y a des principes à retenir: la communauté locale a une part active à jouer, la famille aussi (la personne concernée également!) pour préparer et bien vivre la période d’indigence.

(3) Alors que 1 Tim 2:1-4 et Rom 13: 1-7 nous invitent à soutenir notre gouvernement et à prier pour nos responsables et même leur être soumis, il faut comprendre que notre système démocratique nous invite aussi à participer et à élever la voix ! Personnellement, j’appuie l’initiative de toute étudiante ou étudiant chrétien qui s’est impliqué(e) dans cette lutte d’un bord ou de l’autre de la clôture. Cela dit, le chrétien doit se distinguer par sa promotion du respect de l’adversaire dans ses droits démocratiques. Les votes de fédérations étudiantes qui se font dans des contextes d’intimidation, les mesures violentes, les refus catégoriques de compromis dans les négociations (que ce soit d’un côté ou de l’autre), doivent être combattus. Dans ces situations, des croyants peuvent de chaque côté jouer un rôle pour améliorer le processus, en apportant leur “grain de sel” (Mat 5: 13 évoque bien ce rôle !) .

Comment prier? Je suggère que nous intercédions auprès de Dieu pour les choses suivantes: de la sagesse pour le gouvernement québécois; de la sagesse pour les fédérations étudiantes; pour que les discussion aboutissent bientôt à un compromis constructif; pour une politique gouvernementale de l’éducation qui unisse les gens; pour les étudiants québécois qui souffrent de cette interruption de leurs études; les étudiants non-québécois et internationaux qui sont vraiment mal pris dans cette affaire; et pour que Dieu utilise le témoignage et l’influence des étudiants chrétiens.

Prions aussi pour les GBU/GBC et autres associations de chrétiens sur les campus qui contiuent à se réunir et à témoigner. Malgré les défis, notre projet de cours Alpha, nos groupes d’étude et de prière, et notre réflexion statégique en équipe continuent. Notre camp d’hiver en début mars sur les relations gars-filles avec Yves et Kathryn Alarie a été d’un grand encouragement pour les 60 campeurs. Pendant ce temps, les préparatifs de la Fête du 40ème des GBUC, le 29 octobre, se poursuivent! Que nous puissons continuer à être le sel de la terre en toute circonstance!

Amitiés à tous,

Marc